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Il y a des gestes qui traversent le silence plus fort que mille mots.


Dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, un passage m’a bouleversé : Elle voit un homme aveugle, seul dans la foule. Alors elle prend sa main. Et elle parle.⠀Elle ne l’interroge pas. Elle ne cherche pas à comprendre. Elle lui décrit ce qu’elle voit : les odeurs, les couleurs, les vies minuscules qui palpitent autour.

« Une fleuriste rit, un enfant lèche une vitrine, le ciel est pâle comme un linge frais… »⠀Elle lui offre ce qu’elle peut : quelques secondes de clarté. Et pourtant, ce jour-là, j’ai compris que c’était elle qu’on voyait renaître.⠀Car donner, ce n’est pas toujours être fort.
C’est parfois faire danser sa propre fragilité au rythme d’une autre.
C’est dire : "je suis encore là, malgré tout."⠀Moi aussi, ce jour-là, j’ai senti quelque chose s’éveiller.Une intuition douce : qu’aider les autres, c’est parfois allumer une lumière qu’on avait oubliée en soi. Qu’on peut avoir le cœur fêlé, et offrir quand même de la chaleur.⠀
Chez Toctome, beaucoup d’entre nous vivent cela.
Avec nos doutes, nos tempêtes intérieures, nos TOCs qui débordent…Mais aussi cette force invisible : celle de vouloir tendre la main. Non pas pour sauver, mais pour accompagner. Et dans ce mouvement-là, quelque chose se recolle aussi, en nous.⠀
Peut-être que c’est ça, l’amour vrai :Un geste simple, offert sans bruit. Une présence, même tremblante, qui dit :"Je ne te guéris pas. Mais je suis là. Et je te vois."⠀

 
 
 
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"Tu ne seras pas toujours aimée, Alice..."Et si ces mots étaient le début d’une prise de conscience essentielle ?Et si, derrière cette phrase déroutante, se cachait une vérité que notre santé mentale ne peut plus se permettre d’ignorer ?

Dans ce dialogue entre Alice et le lapin blanc – adaptation poétique d’un univers déjà troublé – on découvre ce que beaucoup d’entre nous ont mis longtemps à comprendre :💔 que l’amour des autres ne suffira jamais à guérir nos blessures si nous n’apprenons pas à nous aimer nous-mêmes.

“Et si tu ne t’aimes pas au moins un peu… les fléchettes envenimées des gens deviendront mortelles et te détruiront.”

Cette phrase, douloureusement juste, illustre un phénomène bien connu en santé mentale : la fragilité intérieure. Lorsqu’on se sent vide de toute valeur propre, chaque remarque, chaque rejet, chaque silence peut devenir une attaque.

C’est dans cette faille que le mal-être s’enracine. Dans cette attente silencieuse d’être enfin aimé “comme il faut”, alors qu’au fond, on ne sait même plus ce que signifie être là pour soi.

Dans les troubles obsessionnels compulsifs, cette dynamique est souvent exacerbée. Les TOC peuvent être nourris par une peur intense de mal faire, d’être mauvais, dangereux, insuffisant. Et quand on ne s’aime pas, ou si peu, cette peur prend toute la place : elle dicte nos pensées, nos gestes, nos rituels.

“J’éviterai de t’aimer tant que tu n’auras pas appris à t’aimer toi-même…”

Ce que dit ici le lapin blanc, ce n’est pas un rejet. C’est un miroir tendu. C’est une invitation à se choisir. À arrêter d’attendre que l’extérieur répare ce que seul l’intérieur peut réellement apaiser.

Apprendre à s’aimer, ce n’est pas devenir narcissique. C’est reconnaître qu’on mérite d’exister, de respirer, de ressentir… sans devoir en permanence mériter la place qu’on occupe.

C’est se créer un cocon, un abri mental, qui nous protège des coups de vent de la vie. C’est offrir à son esprit la tendresse dont il a besoin pour survivre… puis fleurir.


Chez Toctome, on croit profondément que parler de santé mentale, c’est aussi parler d’amour de soi. Pas l’amour parfait. Pas celui des grands discours. Mais celui qui se construit, pas à pas, entre vulnérabilité, courage… et soin.


Et toi, t’es-tu déjà demandé si tu te regardais avec les yeux d’un ami ?


 
 
 
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"This is an emergency…"


Quand on vit avec des TOC, c’est comme mener une enquête intérieure sans fin. On est à la fois le détective et le prisonnier. Comme dans un épisode de X-Files, quelque chose de « pas normal » se passe dans notre tête. Mais contrairement aux séries, ici, personne ne voit le danger.


"It doesn’t take a degree in common sense to see what’s going on around you."


Et pourtant… tout paraît logique, de l’extérieur. On fonctionne, on sourit. On cache bien. Mais à l’intérieur, c’est un champ de bataille. Ce sont des pensées intrusives qu’on ne veut pas. Des doutes constants qui rongent. Des peurs irrationnelles qu’on tente d’apaiser avec des rituels invisibles.Pas pour aller mieux. Juste pour ne pas sombrer.


Quand on vit avec des TOC, ce qui se passe en nous ne saute pas aux yeux. Et pourtant, c’est un état d’urgence permanent, invisible. Notre cerveau interprète des dangers partout. Des pensées irrationnelles surgissent, encore et encore, et nous poussent à agir, à vérifier, à éviter, à répéter… pour ne pas perdre pied.


"Truth lies in what you see, not what you hear."


Ce qui est le plus difficile à faire comprendre, c’est justement que ce n’est pas une question de logique, ni de raisonnement. Ce n’est pas une superstition qu’on pourrait balayer d’un revers de la main. C’est une réalité intérieure obsédante, une peur qui colle à la peau. Un sentiment que quelque chose de terrible arrivera… si on ne fait pas ce rituel, ce geste, cette prière silencieuse.


"There’s something strange going on…"


Oui. Quelque chose de profondément étrange… mais ça ne se voit pas.

C’est une lutte intérieure, silencieuse. Une phrase tourne en boucle. Une image intrusive surgit. Une peur absurde s’impose, encore et encore. On passe des heures à analyser nos pensées, à vérifier si ce qu’on a ressenti était « vraiment bien », à se demander si on est une bonne personne, si on n’a pas fait de mal, si on n’a pas oublié quelque chose d’important.


On répète mentalement des mots, des prières, des phrases rassurantes. On cherche la certitude absolue. Et tant qu’on ne l’a pas… on recommence.

Pas parce qu’on le veut. Mais parce qu’on doit.

Parce que sinon, une peur irréelle mais terriblement réelle prend toute la place.


"Things are getting strange, I’m starting to worry…"


Quand le TOC prend de la place, on s’épuise à essayer de rassurer notre esprit. Ce qui devait calmer notre angoisse finit par devenir la source de notre souffrance. Et là, comme Mulder et Scully, on cherche des réponses. On devient à la fois l’enquêteur… et la victime de cette énigme psychique.


👥 Et comme dans X-Files, ce qu’il nous faut, c’est un duo :Quelqu’un pour rester avec nous, sans juger. Quelqu’un qui n’a peut-être pas toutes les réponses, mais qui nous croit.


"And I can’t find my Mulder and Scully…"


Quand on est seul avec ses TOC, tout paraît plus effrayant. Mais être entendu, reconnu, c’est déjà commencer à alléger le fardeau.

Parce qu’en France encore, les TOC sont trop souvent traités comme des bizarreries inoffensives, on les banalise, on en rit. On oublie qu’ils peuvent être une souffrance dévorante, paralysante, invalidante.


À vous qui vivez dans cette enquête intérieure sans fin : vous n’êtes pas fous. Vous n’êtes pas seuls. Il y a des pistes à explorer, des traitements à ajuster, des voix à faire entendre. Et parfois, un simple regard qui dit : “je te soutiens”, suffit à nous faire avancer.


 
 
 
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