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LA THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE

LA THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE

La recherche a démontré que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est un traitement très efficace pour les TOC. La TCC est un type de thérapie au cours de laquelle une personne apprend:

  • la façon dont les pensées, les sentiments et les comportements sont reliés,

  • à repousser ses inquiétudes ou ses pensées irréalistes,

  • à remplacer ses pensées par d’autres plus rationnelles ou réalistes.

 

Sous l’emprise d’un TOC, une personne surestime l’importance d’une pensée intrusive. Cela peut la rendre anxieuse. Les rituels créés offrent un soulagement temporaire de leur anxiété, mais ils n’apportent aucune garantie réelle que de telles pensées ne vont pas ressurgir. En conséquence, le rituel est répété, généralement plusieurs fois, jusqu’à ce que la personne se sente « mieux » ou qu’elle a répété les mêmes actions un certain nombre de fois.

La TCC aide à résoudre l’anxiété qu’un enfant souffrant de TOC pourrait ressentir, mais un autre traitement, l’exposition avec prévention de la réponse (EPR), permet de repousser ses pensées et d’apprendre des techniques de relaxation comme la respiration profonde et la relaxation musculaire.

Les TCC, c’est quoi ?

C’est l’idée qu’un comportement inadapté peut être modifié par l’apprentissage d’un nouveau comportement ainsi que la modification des pensées et des croyances erronées. C’est une thérapie qui se base sur les symptômes actuels et handicapants au quotidien. L’être humain fonctionne principalement grâce à des schémas appris depuis l’enfance. Ces schémas entraînent des réactions qui peuvent, à un moment donné, ne plus être adaptées à notre environnement et nécessiter des changements. Ceux-ci ne sont pas toujours simples à mettre en place et une aide peut être apportée dans certaines situations.

 

Les TCC, c’est quand ?

Les études ont mis en évidence une amélioration des comportements problématiques dans différentes pathologies : tocs, phobie sociale ou spécifique, anxiété généralisée, dépression, addiction, trouble du spectre autistique, schizophrénie… Il n’est cependant pas nécessaire d’avoir de pathologie diagnostiquée pour pouvoir bénéficier des TCC. En effet, ces thérapies peuvent être proposées dès lors que l’on rencontre une difficulté qui est gênante dans la vie professionnelle, scolaire, personnelle ou familiale. Par exemple, si on manque de confiance en soi, ou qu’on ne parvient pas à contrôler ses émotions, son anxiété, si on souhaite modifier une situation ou un comportement qui nous semble inadapté…

 

Les TCC, c’est comment ?

Comme toute thérapie, les TCC débutent par des entretiens afin de comprendre le motif de consultation, l’histoire de vie du patient et l’histoire du trouble. Des hypothèses diagnostiques peuvent être soulevées afin d’orienter la thérapie et le patient de la façon la plus adaptée.

Les TCC sont dites scientifiques, car elles sont standardisées et quantifiables. Ainsi, le thérapeute va inviter le patient à mesurer objectivement ses difficultés. Par exemple, dans le cadre d’un toc lavage de mains, il peut être demandé au patient de noter le nombre de fois où il se lave les mains et pendant combien de temps. Des échelles et des questionnaires peuvent être proposés afin d’aider cette objectivation des comportements problèmes.

Afin de comprendre au mieux les mécanismes, habitudes et comportements mis en place, le thérapeute et le patient réalisent des analyses de chaque situation. Elles permettent de faire le tri entre les différents problèmes, poser les priorités et définir les objectifs thérapeutiques. Le but de ces analyses est de construire un plan de bataille pour savoir comment mettre en place la thérapie, ce que l’on va faire et dans quel ordre. Lorsque le thérapeute et le patient se mettent d’accord sur le plan thérapeutique, ils passent un « contrat de travail » qui détermine le nombre de séances et planifie les exercices à réaliser.

La thérapie comportementale et cognitive utilise différents techniques et outils permettant une personnalisation sur mesure de la prise en charge du patient. Le rôle du thérapeute est d’aider le patient à trouver des stratégies cognitives plus adaptées à la situation problème. En effet, on retrouve généralement des pensées et des croyances automatiques négatives qui peuvent nourrir le problème ou le consolider. Différentes techniques peuvent être alors proposées afin d’aider le patient à créer des stratégies alternatives : affirmation de soi, pleine conscience, tâches à domicile, jeux de rôles, décentration, restructuration cognitive… Par exemple, dans le cadre d’une phobie, le thérapeute peut amener son patient à s’exposer, progressivement, à l’objet de sa peur, tout en contrôlant son anxiété et son angoisse grâce à la relaxation ou la respiration. 

Enfin, une évaluation qualitative et quantitative des résultats est réalisée afin d’objectiver les progrès du patient. L’arrêt de la thérapie se fait quand le comportement ou la situation cible n’est plus jugé problématique par le patient.

Le thérapeute TCC, c’est qui ?

C’est un thérapeute qui détient un diplôme universitaire obtenu après 5 ans d’étude et lui donnant le titre de psychologue. La spécialisation en TCC se fait grâce à une formation reconnue et diplômante de deux ou trois ans.

Source:https://issy-psy.com/presentation/tcc/

EXPOSURE RESPONSE PREVENTION (ERP)

EXPOSITION AVEC PRÉVENTION DE LA RÉPONSE (EPR)

Comme son nom l’indique, l’EPR se compose de deux parties principales : l’exposition et la prévention de la réponse.

  • L’exposition consiste à ce que l’enfant ait à faire face à la situation redoutée (par exemple en touchant un objet dont il pense qu’il est contaminé).

  • La prévention de la réponse consiste à empêcher l’enfant d’agir de manière compulsive immédiatement (par exemple en l’empêchant de se laver les mains immédiatement).

  • Même si les parents peuvent aider à empêcher l’enfant de suivre son rituel, (par exemple en fermant l’arrivée d’eau principale, donc pas d’eau dans la maison), l’enfant doit finalement être en mesure d’arrêter son comportement par lui-même.

L’EPR est conçue pour permettre à l’enfant de tolérer l’anxiété sans suivre le rituel. Au début, ne pas suivre le rituel est la partie la plus difficile pour l’enfant, mais, au fil du temps, l’anxiété se réduit naturellement et le lien entre la crainte et le rituel s’affaiblit.

Si votre enfant a besoin d’EPR, il faut souvent de nombreuses séances avant qu’il ne soit mis fin au rituel. Malgré tout, ce traitement reste le moyen le plus efficace de traiter les TOC.

Déroulement d'une TCC : 

Source : https://tcc.apprendre-la-psychologie.fr/les-differentes-etapes-d-une-tcc.html

Prise de contact

Tout d’abord, il y a la prise de contact avec le patient, comme tout travail centré sur la relation d’aide. Cela passe en général par le secrétariat, le patient peut très bien venir déjà avec des éléments voir un diagnostic. Le patient peut avoir été orienté par des collègues.
On va étudier la plainte subjective de la personne.

La personne souffre d’agoraphobie, elle voudrait pouvoir à nouveau sortir de chez elle sans angoisse. La personne souffre de TOC de vérification, elle voudrait réduire le temps social perdu et pouvoir retrouver une activité à temps plein.

Buts et motivations au changement

Ensuite, on va étudier les buts et la motivation au changement pour la personne grâce à l’entretien. On va voir à quelle étape la personne en est, le niveau de conscience de son trouble psychologique et si elle souhaite opérer un changement.

On a tous tendance à sous-estimer la difficulté du changement. On peut donc souffrir d’un trouble et être très en difficulté pour changer. Il arrive fréquemment que les soignants aient des objectifs différents de ceux de leurs patients. Dans ce cas on va se retrouver dans une impasse et se retrouver en situation d’échec et on va finir par en vouloir au patient. On aurait pu éviter ces difficultés si l’on avait évalué plus justement la capacité du patient à s’engager dans le changement. Pour ce type d'évaluation on va utiliser les techniques de l'entretien motivationnel.

Analyse fonctionnelle

Par cet entretien, on va ensuite faire une analyse fonctionnelle afin d’en dégager un diagnostic clinique et comportemental. C’est le cadre conceptuel qui va nous permettre de savoir ce qui se passe pour ce patient en particulier.

2 patients souffrant du même trouble n’auront pas forcément les mêmes besoins en termes de stratégie pour changer.


Dans l’histoire de ce patient qu’est-ce qui fait que ce trouble s’est développé et maintenu ?
Analyse fonctionnelle est le terme français consacré. Dans les ouvrages anglo-saxons on va parler de « conceptualisation de cas ». Ce travail de formulation des hypothèses est aussi en lien avec le diagnostic clinique (« comment s’appelle son trouble ? »), ce qui renvoie à la CIM-10 et au DSM-5 pour catégoriser ce qui se passe. Cela permet de bénéficier des éléments de recherche et de preuve par rapport au trouble. Mais attention de ne pas tomber dans le prêt-à-penser.


Il faut vraiment adapter au patient spécifiquement, on ne peut pas faire du « copier-coller ».

La TCC c’est l’application de la démarche scientifique en psychologie à l’approche psycho-thérapeutique. On va poser des hypothèses et poser la démarche qui y correspond pour voir si cela fonctionne. C’est une démarche très expérimentale.

Restitution au patient

On est aussi dans une approche collaborative, on va partager avec le patient nos hypothèses et notre démarche sous la forme d'une synthèse explicative. On souhaite que le patient comprenne, l’aspect communication avec le patient est donc très important.
Lorsqu’on a fait ce diagnostic, il va falloir le restituer au patient, lui donner de l’information, lui expliquer de quoi il souffre.
On souhaite que le patient apprenne sur son trouble et les stratégies pour aller mieux. Il y a donc un aspect de psycho-éducation pour qu’il devienne autonome. L’objectif est que le patient puisse se passer de thérapeute.
Le moyen pour cela est le transfert de connaissances, mais surtout de compétences.

Hypothèses et établissement des priorités

Exposer nos hypothèses au patient lui permet de voir où on en est de la compréhension des choses, il va pouvoir confirmer/infirmer/compléter… Souvent le patient n’a pas qu’un seul problème. Il peut avoir un trouble principal, une anxiété sociale qui découle de son trouble et un problème motivationnel pour changer. On a évidemment besoin du patient pour procéder aux changements requis.
On met alors en place des hypothèses et l’établissement des priorités avec une hiérarchisation. On va lister tout ce qu’il faudrait apprendre au patient pour faire face à ses troubles et changer.

Evaluation de l’efficacité

  • On évalue alors les stratégies thérapeutiques adéquates à la pathologie afin de pouvoir donner au patient un traitement adéquat.

  • On va, grâce à des échelles psychométriques adaptées, comparer le niveau de base avant et après la prise en charge (ou bien évaluer les objectifs) afin de pouvoir évaluer l’efficacité des stratégies thérapeutiques mises en place.

  • On peut également évaluer de manière subjective : évaluer les attentes avant la prise en charge et évaluer ensuite, si ce patient à atteint ces objectifs ou non suite à la prise en charge.

  • Cette évaluation permet également de vérifier que l'expérience réelle confirme ou non nos hypothèses.

 

Prévention de la rechute

La dernière étape, une fois que le patient va réellement mieux et qu’il veut donc arrêter la thérapie, c’est la prévention de la rechute, donc de vérifier de temps en temps s’il n’a pas rechuté avec des séances plus espacées. On souhaite un changement durable.

À RETENIR

  • Une TCC doit être effectuée par un spécialiste expérimenté dans le traitement des TOC.

  • On doit toujours essayer la TCC et l’EPR avant de prescrire des médicaments.

  • Les médicaments sont généralement utilisés en même temps que la TCC dans les cas plus graves de TOC.